samedi 22 avril 2017

A Nail in my Shoe (6)

Je suis perdu dans un monde parallèle d'avatars et de crabes violonistes. En plein game-over de karoshi, je tergiverse et je procrastine dans mon no man's land, dans mes méandres, dans mes petits arrangements avec les vivants et les morts.
J'ai la nuque pleine d'orages et de migraines aux allures de quasar. J'erre et je commente un désert traversé de cerbères névralgiques qui courent après des vents de poussières sur une planète inconnue.
Je règne sur les territoires du bug et de la déconfiture, où il n'y a jamais de répit. Les jours s'agglutinent au milieu du terrain vague.
Je suis un animal pris au piège, et les rêves d'enfance tournent en rond dans ma cage dorée. Mais ne vous inquiétez pas, ma cage est entièrement insonorisée pour éviter que je puisse déranger les voisins par mes hurlements de loup-garou.
Se sentir amoureux d'un épouvantail, faire la liste des démons connus, se sentir absorbé, peu à peu, par une étrange pourriture, n'est-ce pas ?
Je suis coincé dans l'avalanche de ma cathédrale, engoncé dans une camisole de force, dans l'essoufflement cathartique des moindres oripeaux. Je suis le chat qui erre, aux yeux crevés. Je vis dans une petite ville grise et la Mort dialogue avec moi en des chants obscurs.
Je suis l'Homme de Néantover, perdu dans l'univers.
Au loin l'Appel sauvage derrière la baie vitrée.
Charlotte Ganache
Stellar Fanum
Extrait de Grand Rock

© Partycul System, 2015

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vendredi 21 avril 2017

Poème express n° 679

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mercredi 19 avril 2017

Les dérivées (131)

131
la sinusoïde
aplatie sous
les coups de
talon de ces
colocataires
de la vérité
se tortille/
comme un ver
sur le sable
des châteaux
de la raison
dessèchement

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mardi 18 avril 2017

Marcher dans la ville (8/10)


8 Se diriger vers le centre Leclerc, rue Hautecloque. Acheter une salade et des boissons, ainsi que des amuse-gueule pour les invités. Lire le ticket de caisse et constater que le bilan CO2 de ces courses est de 3,87 kg éq co2. MONDIAL Agence de voyages tourisme toutes destinations autocar avion bateau train Aller au bureau de poste de la rue Beaulaincourt. Pas d’attente, il suffit de glisser des pièces dans la machine qui crachera une étiquette à coller. Garage Taccaud Entretien Carrosserie Peinture Véhicules toutes marques En revenant, passer par le magasin carrefour ex-champion pour acheter du fromage au brie de Hollande. Repérer la boulangerie Patapin recommandée par le guide Hugues Haubal.

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lundi 17 avril 2017

Collage de d.a. levy 19

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samedi 15 avril 2017

A Nail in my Shoe (5)

Je suis perdu au milieu d'une forêt que l'on croirait déserte. I’m a sound diary without soul.
Je suis une maison hantée, un carnaval intérieur de pantins maudits. Je creuse au fond de la mine pour allumer des mèches qui s'éteignent une à une, comme mes espoirs, au fond du tunnel. Tellement je me sens mal, tellement je me sens sale.
J'ai les inlays méphitiques qui trépignent dans le brouhaha du supermarché, dans les égouts nauséabonds du monde.
Hier soir j'ai sorti un rat malade de ma bouche, il m'a mordu et s'est enfui. Ce midi j'ai retrouvé une main dans le congélateur, mais je n'ai plus faim.
Je suis cet homme qui pleure dans le train, en prostration. Quelqu'un en moi est passé à l'Ennemi. C'est arrivé comme ça, c'est tout.
Je suis le prisonnier derrière le mur invisible. Mais de quel côté est-on mort, au juste ?
Misérable Yéti d'une vallée pleine d'orages.
J'ai la gueule de bois d'un bouilleur de cru.
J'ai besoin d'un défibrillateur à mort-vivant.
Charlotte Ganache
Stellar Fanum
Extrait de Grand Rock

© Partycul System, 2015

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vendredi 14 avril 2017

Poème express n° 678

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jeudi 13 avril 2017

Archives de la Villa Yourcenar

En septembre 2006, j’étais en résidence à la Villa Yourcenar en compagnie de Fabienne Kanor et d'Alexandre Ikonnikov. Nous avons composé ensemble le poème suivant :

YOUR SCENARIO

Mont Cassel, Mont des Recollets, Mont des Cats, Mont Noir.
Autour des monts, à l’horizon, terre et ciel fusionnent.
La poésie, témoignant d’une enfance particulière, vit ici dans chaque brique.
Sur le bord de la fenêtre, trois pommes regardent Hadrien.
Dedans, bourdonnement de l’aérateur ; dehors, bavardage matinal des oiseaux.
Une simple tasse de café élimine l’objectivité du matin.
Le gros gras chat noir ronronne sur la carte de France.
Paradoxalement, Zénon hoche la tête et dit : « Oui, oui, oui. »
L’histoire a sa logique.
Septembre sous les pommiers, fruits tombés, différents stades de décomposition.
Alexis cueille des marguerites, ourse noire dans le ciel.
Le trio d’écriture triture le tas de mots triés.
C’est la foire aux livres. Écrivains vivants. Entrée gratuite.
Tout autour de la table, les langues s’agitent, joyeusement différentes.
Parler de tout et de rien en français rend la vie facile et charmante :
« Encore une toile, cette araignée se paie notre tête. »
« C’est un chat, tout ce qu’il y a de plus bête. »
« Hier nuit, j’ai rêvé. La barbe ! J’étais russe ! »
« Le ciel est trop grand pour mes lunettes. »
« Comment s’aimer dans les buissons
Si les épines entravent la passion ! »
« Oui, Madame, entre deux baisers, tout ce qui concerne la politique et les affaires. »
« Autre rose : c’est le féminisme qui nous a perdues. »
« Mon père est mort cet été ; je philosophe. »
« Il existe des endroits dans lesquels vous ne voudriez pas vivre une seule minute. »
« Un petit âne satisfait et une balle en mousse : nous sommes assis dans la machine à remonter le temps. »
« Comme elle est courte sur pattes, elle ferait mieux de sourire ! »
« Ma plume sur la page,
A fait un beau voyage. »
« Après les Thermopyles, Léonidas voulait se rendre au Mont-Noir. »
Quand il parle tout seul, les murs, les tables et les chaises sont de fidèles auditeurs.
« Laissez donc sortir le vampire ! »
« De la chétive brebis au puissant mustang, Madame Saxo, merci ! »

Alexandre Ikonnikov – Fabienne Kanor – Lucien Suel

 Saint-Jans Cappel, septembre 2006

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mercredi 12 avril 2017

Les dérivées (130)

130
dodécastyles
pour avancer
vers le vrai
coeur secret
du langage &
y introduire
la dimension
cybernétique
la sécrétion
spirituelle/
les ondes du
métabolisme/


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mardi 11 avril 2017

Marcher dans la ville (7/10)

7 Parcourir la rue d’Alésia jusqu’à son extrémité. PIZZA-SNACK L'assiette dorée sur place ou à emporter préparation artisanale Halal Couscous tajines Fricot restaurant spécialités finlandaises grillades fritures de poissons Passer devant la rue du Jambon et un peu plus loin, la rue Francis Bacon. Entrer dans la Maison de la Reprographie pour le vernissage d’Ex-lotos, des tickets usagés trouvés dans la collection d’Henri Bemont-Dessignes. New Brosse tressage+coupe+brossing Elle ou Lui coloration permanente ou balayage 20€ 12€ salon climatisé La soirée est organisée en collaboration avec un organisme qui s'occupe du dépistage du cancer du côlon. Traiteur Boucherie Charcuterie François Sa viande 1er choix sa charcuterie renommée Plats cuisinés Buffets Lunchs Cocktails Les plateaux sur la table sont chargés de choses délicieuses. Ne pas se priver de les goûter en dégustant un vin blanc "vengeances tardives" liquoreux et fruité à souhait. Sandwichs frites kebab américain plats préparés pizzas boissons glaces Raymond Le Cuistot Après quoi, filer au Kinorama voir un film de Douglas Sirk. Puis quitter le cinéma, retrouver la rue, les boutiques de restauration rapide, les dames d’escorte et les salons de coiffure. Collège Boris Vian Ici le Conseil général prépare l'avenir du pays Sortir du métro à la station Invalides plus propre que la veille. MUTANT Assurances Prix maximum paiement mensuel


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lundi 10 avril 2017

Collage de d.a. levy 18

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samedi 8 avril 2017

A Nail in my Shoe (4)

Je suis perdu aux alentours d'une torture sang-de-dragon, au milieu d'interférences paranormales. Je piaffe dans le toril avec en prime une banderille sanglante déjà enfouraillée en plein garrot.
Dans ma gorge serrée, une petite sourdine gît en infusion diabolique, comme l'incurable horloge du salon. Elle me donne des frissons de rogomme. Elle s'insinue en lente diffusion dans les neurones à la nage.
Il y a en moi le bruissement d'une terrible salle des machines, où les âmes vendues s'activent aux fourneaux.
J'ai de la banquise dans les veines, moi, comme un mauvais champagne extra-dry sous perfusion. J'ai une dégoulinure sous-cutanée d'un lierre inextricable, une gêne qui s'épand, qui entache mes muscles.
Je vis avec un oiseau charognard sur l'épaule. Il me regarde de ses grands yeux ronds, il ne lui manque même pas la parole.
J'ai des tueries dissimulées en paix fourrées derrière le col, dans les pâturages filandreux de ma nuque baroque. J'ai le syndrome du sanglot invisible.
Entre la dentelle mosaïque et le ruisseau plastique.
Qui du javelot, qui de la balle s'est perdu en moi ?
Charlotte Ganache
Stellar Fanum
Extrait de Grand Rock
© Partycul System, 2015



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vendredi 7 avril 2017

Poème express n° 677

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jeudi 6 avril 2017

Nathanael West - Un bon million (extrait)

Nathanael West
Un bon million ! Ou le démembrement de Lemuel Pitkin (1934)
n° 415 La petite vermillon, éditions de La Table Ronde.

Extraits du chapitre XXVI (Harangue du chef indien)

[…] les guerriers de la tribu s'assemblèrent autour du wigwam de leur chef pour organiser un plan d'action. De la forêt monta le roulement d'un tam-tam.
Le chef s'appelait Israël Satinpenny. Il était allé à Harvard et il vouait aux hommes blancs une haine qui s'envenimait au fil des ans. Depuis de nombreuses années maintenant, il essayait de soulever les tribus indiennes pour chasser les Visages pâles vers les pays d'où ils venaient, mais jusqu'à présent, il avait eu peu de succès. Son peuple s'était amadoué et avait perdu son âme guerrière. [...]
Quand tous les guerriers furent réunis autour de sa tente, il apparut en grande tenue et se lança dans une harangue.
— Hommes rouges ! tonna-t-il, le temps est venu de protester au nom des peuples indiens contre l'abomination des abominations, le Visage pâle.
Dans le souvenir de nos pères, ce pays était beau, il faisait bon y vivre ; l'homme pouvait entendre battre son cœur sans se demander si c'était un réveil qu'il entendait ; l'homme pouvait s'y emplir le nez d'agréables parfums de fleurs sans découvrir qu'ils provenaient d'un flacon. Ai-je besoin de mentionner les sources qui n'avaient jamais connu la tyrannie des canalisations en fer ? Les cerfs qui n'avaient jamais mangé de foin ? Les canards sauvages qui n'avaient jamais été regroupés par le ministère de la Préservation de la nature ?
En échange de tout cela, nous avons accepté la civilisation de l'homme blanc, la syphilis et la radio, la tuberculose et le cinéma. Nous avons accepté sa civilisation parce qu'il y croyait lui-même. Mais maintenant qu'il commence à douter d'elle, pourquoi continuerions-nous à l'accepter ? Le don ultime qu'il nous fait est le doute, le doute qui corrompt l'esprit. Il a gâché ce pays au nom du progrès et maintenant, c'est lui-même qu'il est en train de gâcher. La puanteur de sa peur empeste les narines du grand dieu Manitou.
Dans quelle mesure l'homme blanc est-il plus sage que le rouge ? Nous vivons ici depuis des temps immémoriaux et tout y était bon et frais. Le Visage pâle est arrivé et dans sa sagesse il a rempli le ciel de fumée, et les rivières de déchets. Que faisait-il, dans sa grande sagesse ? Je vais vous le dire. Il fabriquait d'astucieux briquets pour les cigarettes. Il fabriquait de magnifiques stylos à plume. Il fabriquait des sacs en papier, des boutons de porte, des cartables en similicuir. Il utilisa toute la force de l'eau, de l'air et de la terre pour faire tourner ses roues dans des roues dans des roues dans des roues. Elles tournaient, il n'y a pas de doute, et la terre fut recouverte de papier hygiénique, de boîtes peintes pour ranger les épingles, de porte-clés, de chaînes de montres et de cartables en similicuir.
Tant que le Visage pâle contrôla les choses qu'il manufacturait, nous, Peaux-Rouges, ne pouvions que nous en émerveiller et louer son habileté à cacher sa vomissure. Mais maintenant, tous les endroits secrets de la terre sont pleins. Même une lame de rasoir ne logerait plus dans le Grand Canyon. Maintenant, ô guerriers, le barrage a cédé et il nage jusqu'au cou dans ses articles manufacturés.
Il a bousillé le continent pour de bon. Mais essaie-t-il de le dé-bousiller ? Non, tous ses efforts tendent à continuer à tout foutre en l'air. Tout ce qui le préoccupe, c'est de savoir comment il peut fabriquer toujours plus de ses petites boîtes à épingles peintes, ses chaînes de montres et ses cartables en similicuir.
Comprenez-moi bien, Indiens. Je ne suis pas un philosophe rousseauiste. Je sais que vous ne pouvez pas faire revenir l'horloge en arrière. Mais il y a une chose que vous pouvez faire. Vous pouvez arrêter cette horloge. Vous pouvez détruire cette horloge.
Le moment est venu. Émeutes et blasphèmes, pauvreté et violence sont partout. Le désordre règne sur le pays dominé par les dieux Mapeeo et Suraniou.
Le jour de la vengeance est arrivé. L'étoile du Visage pâle est en train de décliner et il le sait. Spengler l'a annoncé, Valéry l'a annoncé ; des milliers de sages blancs le proclament.
Ô frères, c'est l'heure de l'attaquer à la gorge et au point faible de son armure. Maintenant qu'il est malade et défaillant, maintenant qu'il est en train de mourir d'une indigestion de camelote.
De féroces appels à la vengeance jaillirent des gorges des guerriers. Hurlant leur nouveau cri de guerre, « Détruisez cette horloge ! », ils se maquillèrent de couleurs vives et enfourchèrent leurs poneys. Chaque brave avait à la main un tomahawk et, entre les dents, un couteau à scalper.
Avant de sauter sur son propre mustang, le Chef Satinpenny dépêcha l'un de ses lieutenants au bureau de télégraphe le plus proche. Il devait envoyer des messages codés à toutes les tri­bus indiennes des États-Unis, du Canada et du Mexique, leur donnant l'ordre de se soulever et de tuer.
Avec à leur tête Satinpenny, les guerriers partirent au galop à travers la forêt […]
Nathanael West

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mercredi 5 avril 2017

Les dérivées (127-129)

127
le capitaine
perd la tête
doit changer
de nom/magie
des baptêmes
reste l'aine
alors que le
blanchisseur
utilise tous
les surplus/
les rogatons
de l'amidon/
128
pour remplir
les biberons
le mélange à
vomir/entubé
le bedon des
nourrissons/
fermentation
des luzernes
bébés bisons
de retour du
cosmos/parmi
les prairies
129
herbe coupée
par la faux/
phrases/mots
tranchés/les
lignes/axes/
sabotés dans
la nuit/avec
les miroirs/
les reflets/
vers le sol/
satellites &
rayons laser



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mardi 4 avril 2017

Marcher dans la ville (6/10)


6 Prendre le métro à la station Invalides, plus petite que celle de Saint-Philibert, mais plus propre et pourvue d’aménagements pour les personnes de taille différente à mobilité réduite. COIFFEUR SALON MOUSTACHE coiffeur d'hommes barbier avec ou sans rendez-vous tarif étudiant coiffure euro-africaine produits cosmétiques de beauté tresses africaines tissages perruques brushing coloration masculin féminin & junior Pousser jusqu’à Montmartre pour admirer l’exposition « Célibataires », les photos de Marcel Dujardin. C’est un voyage assez long. La coiffure Tchip à petit prix Après changement à Bonaventure, direction Porte d‘Aix, descendre à Eurotéléport, gigantesque station futuriste, au centre de Montmartre. Quitter sans enregistrer. CYBER MONDIAL Vente de cartes sim et prépayées taxiphone Vente de matériel informatique déblocage des téléphones réparation des PC scanners et impression Sur la Place de la Vérité, à l’office du tourisme, visiter l’exposition, photos en couleurs de détails de moustaches et d’armoires, boléros en soie et couverts de poils. Chaussures hommes femmes enfants Bambino Ensuite, reprendre le métro en sens inverse, arrêt à Gambetta pour se dégourdir les jambes. À LOUER Manger au « Hareng qui fume », cassolette d’andouillettes à la bière avec des frites et une Chimay triple à la pression. Café et genièvre de Houlle. Jolies Fleurs sept jours sur sept jusqu'à 20h Au retour, s’endormir comme une masse.

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lundi 3 avril 2017

Collage de d.a. levy 17

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vendredi 31 mars 2017

Poème express n° 676

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jeudi 30 mars 2017

Trois triangles à Rennes (mars 2000)

Souvenirs de ma première lecture au Triangle à Rennes le 25 mars 2000, en compagnie d’Alain Jégou et Christian Prigent, à l’invitation de Benoît Delaun et de Daniel Riou


en
bref
arrivé
à Rennes
le 25 mars
je rencontre
B. Delaune ami
& A. Jégou marin
poète ta mer noire
totalement ta colère
noire aussi notonectes
se frayant une voie dans
la glu le marché confusion
organisée du pouvoir restent
notre frêle entêtée résistance
nos sourires nos poèmes nos vies

le
soir
raidit
le corps
la mémoire
devient bloc
poètes vivants
crevez la langue
l'édredon des mots
c'est cela notre vie
quelques mots murmurés
hurlés une lecture posée
au centre du triangle crie
Christian Prigent sue Lucien
Suel voyez auditeurs attentifs
chaire et eau cet opéra fabuleux

et
déjà
partir
le matin
du 26 mars
je traîne en
attente du TGV
déambule dans la
gare de Rennes mon
oeil est attiré dans
la boutique de CD rien
de saisissant mais rayon
reggae Ras Michael and The
Sons of Negus seul achat ici
auditeur attentif moi qui vais
pleurer en écoutant Kibir-Am-Lak


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mercredi 29 mars 2017

Les dérivées (126)

126
sur le divan
crasseux des
psychologues
pèse le rêve
expurgé/vidé
le patient y
repose comme
poisson mort
dans le fond
d'un broc de
soupe froide
sofa utérin/


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mardi 28 mars 2017

Marcher dans la ville (5/10)

5 Prendre l’air pour une courte promenade vers le nord, rue Leibnitz jusqu’à l’église du Saint-Prépuce dont la tour ressemble au minaret de Mostaganem, tel qu’on pouvait le voir sur des timbres de collection dans les années cinquante. POMPES FUNEBRES BURIAL Comme les deux autres églises, elle paraît désertée, hormis le fait que des ouvriers sont perchés, occupés à poser de nouveaux vitraux modernes. ZEEMAN textielsupers Tourner à droite dans la rue de Chandernagor qui s’achève par une place plantée de grands arbres. auto reprise achat vente occasions Dans la cabine téléphonique au centre, deux adolescents s’embrassent. Boulangerie Pâtisserie Patapin Ronde des pains M et Mme Patapin artisan boulanger Dans un des arbres est accrochée une pancarte sur laquelle on a peint en rouge le mot « FOURRURE ». Solderie prêt à porter & chaussures homme femme enfant La mode chic à prix choc Tourner une seconde fois à droite dans la rue du Bois de Boulogne pour rejoindre la rue d’Alésia et ses magasins, bars, cyberphones, salons de coiffure. Artistic coiffure salon mode Presque revenu au niveau de la rue Leibnitz, achevant le circuit, s’arrêter dans une boucherie-charcuterie traditionnelle. La patronne, âgée, traîne les pieds, marche avec difficulté. Carrefour Market 24 sur 24 Bienvenue Cordonnerie Elle ouvre les portes en bois des compartiments de la chambre froide et sert les clients : une tranche de bifteck à la bavette, une tranche de jambon blanc et quatre œufs et demi. Banque Démocratique Assurances Elle pèse et écrit les prix au crayon sur le papier de boucherie. Puis elle pose son addition et calcule le total sans machine. Ne pas la photographier.


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lundi 27 mars 2017

Collage de d.a. levy 16


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samedi 25 mars 2017

A Nail in my Shoe (3)

Je suis perdu au fin fond de mes excavations. Je suis la cellule souche au sein du sarcophage. Je suis le mort du cockpit.
Perchées sur les épaufrures de ma carapace maison, les mouettes belliqueuses et rieuses des strass passent leur temps à rire de moi, la pieuvre gluante condamnée au pilori. J'ai une ancre à jas dans l'atlas cervical, comme un alien inconnu qui se nourrit de moi.
Je suis fourbu de nuages dorsaux aux cauchemars chimiques, de bootleggers sournois à l'arrière-goût rouillé. Je dérive dans un océan de paresse à la berge trop molle. La voile de mon radeau se déchire ; alors mon cœur lui parle mais elle ne l'entend plus. "Eat you alive" me hurlent sans cesse les voix dissonantes et discordantes des maîtres des abattoirs, à têtes de grands vautours.
Je suis hagard devant le vortex spongieux de l'écran d'ordinateur. Je me dandine au milieu d'insomnies citadines aux horizons cagneux, dans les hamacs sourds des rythmes somnolents, dans l'opaque dilution d'un infini ronron. Endolori dans les lacis à contrecœur. Dans les embolies de source d'erreur. Je m'endors devant un film d'horreur.
Dust bowl de la mélancolie, sur fond de papier d'Arménie. Le cavalier a pris la reine. Entre temps, nous sommes passés à l'heure d'hiver. Mais qui a tué Kennedy ?
Rabibochage rhizomique de mes forces ?
Raccommodage lent des échos de mon corps ?
Charlotte Ganache
Stellar Fanum
Extrait de Grand Rock

© Partycul System, 2015

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vendredi 24 mars 2017

Poème express n° 675 (ou 666 bis)

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mercredi 22 mars 2017

Les dérivées (125)

125
faire parler
la lumière &
l'entendre à
l'intérieur/
à la surface
d'une toupie
de plastique
le hurlement
des embryons
de poule sur
la plaque de
cuisson/aïe/


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mardi 21 mars 2017

Salut Allen, Salut Claude, Bonjour Bill ! par Benjamin Alexandre

"Salut Allen, Salut Claude, Bonjour Bill !" Quel temps fait-il désormais parmi vous ? Continuez-vous d'(à) éplucher la terre jusqu'à la couvrir de bleus ? - cette chère terre si... orange... qu'on dirait un fruit sous perfusion ?- ou bien vous contentez-vous de manger les vers libres qui dévorent - jusque sous vos dents - le cadavre d'une littérature de gare ayant raté son train ? A quelle heure vous levez-vous? De quoi vos journées sont-elles faites ? & Bill, est-il toujours facile de se procurer armes & seringues ? Ici, nous continuons à (de) flotter sur des quotidiens suffisamment potables pour les avaler cul-sec ! Nous partageons / communiquons / laissons nos empreintes digitales sur des murs digitaux & avons même trouvé le moyen de bourrer nos merles d'agents de saveur... pour leur donner un goût de grive !

Salut Allen, Salut Claude & Bonjour M. Burroughs ! Il me reste encore quelques loyers à payer à l'époque avant de vous rejoindre à l'étage.

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lundi 20 mars 2017

Collage de d.a. levy 15


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samedi 18 mars 2017

A Nail in my Shoe (2)

Je suis perdu dans les diffractions d'un miroir de rouille, dans une mortification ardente et si inconsolable.
Je vis sur les chemins de crêtes des cornes du minotaure, je suis le fildefériste à cheval sur la dérive des floes.
Il y a en moi les résonances des Parapluies de Cherbourg, si proche du fleuve Amour. Des kilomètres et des kilomètres de marche, pour un néant qu'on touche du bout des doigts.
J'ai dans le crâne une mangrove moite aux racines étrangleuses. Je suis empêtré dans le ressac incessant de glaires syllabiques de mon usine marémotrice.
Je suis le catafalque, refuge du fantôme apeuré par la fumée d'une explosion. Je suis la quadrature animale d'une rosace à nue, pleine de licornes folles devant l'abattoir.
Dans ma barque de fortune, les mille et une grâces de la musique de Purcell flottent en moi, en ma solitude. Pauvre Angel Face, j'ai mis la tête dans la chaudière. Il n'y a pas de gilet de sauvetage pour la parade sauvage.
Et croyez-vous qu'il y ait des fusées de détresse dans le coffre de secours ?
Charlotte Ganache
Stellar Fanum
Extrait de Grand Rock

© Partycul System, 2015

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